I) L'HISTORIQUE DU JEU D'ECHECS

L'origine de ce jeu n'a jamais été établie avec certitude. On en trouverait par exemple des traces aux Indes 2000 ans avant Jésus-Christ , ou bien le fait que Bouddha qui prêchait contre la pratique du jeu d'échecs le dimanche. On raconte aussi que Palamède, un grec, aurait inventé le jeu d'échecs pour donner du loisir à ses soldats pendant la guerre de Troie.

La plupart des historiens sont maintenant à peu près d'accord pour admettre que les échecs firent leur première apparition au 5 ou 6e siècle de notre ère au nord de l'Inde. Le jeu s'appelait à l'époque Chaturanga, ce qui signifie "quatre rois", se jouait sur 64 cases mais à quatre joueurs qui jouait chacun pour soi. La curiosité était que la pièce à déplacer était désignée par un dé.

Une rumeur non fondée prétend que l'inventeur du jeu d'échecs était un sage qui pour distraire son monarque inventa le Chaturanga. Pour le remercier, le monarque propose à Sissa de choisir de sa récompense.

"il me faudrait un peu de blé" aurait il dit. Combien en veux tu ?

 "sur le jeu de 64 cases, vous posez un grain de blé sur la première case, deux sur la deuxième case, quatre grains sur la troisième, huit sur la quatrième et ainsi de suite jusqu'à la 64ème cases en doublant à chaque fois le nombre de grains."

le souverain aurait été agréablement surpris et amusé par cette demande modeste. En fait, il ne put jamais répondre à cette demande tellement  la quantité de grains est astronomique. Ce petit système équivaut à  2 64    c'est à dire 18 quintillions de grains !!! plus que ne pouvait fournir le souverain.

Certains attribuent aussi l'invention du jeu d'échecs au héros Palamède, qui l'aurait inventé pour se divertir lors du siège de Troie.

Quittons la légende et revenons au Chaturanga. Il ne ressemblait pas tout à fait au jeu actuel.  Les ministres, les éléphants, les fantassins,...remplaçait nos pièces, les mouvements étaient également différents et  plus réduits.

Le tableau çi dessous vous indique les différents noms des pièces à travers l'histoire.

(Ce tableau est extrait du livre L'univers des échecs)

 

français ancien français latin arabe persan sanskrit
Echecs Esches Scaci, Ludus scacorum Shatranj Chatrang Chaturanga
Roi Roy Rex, (scacum) Shah Shah Rajah
(Reine) dame Fierge Ferzia Firzan, Fiz (ou Vizir) Farzin Mantri
Tour Roc Rochus Rukh Rukh Roka (bateau)
Nauka (navire)
Fou Alphin, Aufin Alphiles Fil Pil Hasti
Cavalier Chevalier Equus Faras Asp Ashwa
Pion Paon Pedes Baidaq Piyadah Padati

 

Le plus étrange est le tirage de dé déterminant le déplacement de la pièce. Si le dé désignait le roi et que l'adversaire était favorisé par un bon tirage de dé, la partie pouvait se terminé à tout moment. La notion de bon joueur de Chaturanga parait toute relative !

Puis vint la réflexion remplaçant le dé en même temps que la disparition des enjeu à base d'argent.

Le jeu se joua ensuite à deux et plus à quatre. Là le jeu avait sa mutation, plus proche du jeu d'échecs, le Chaturanga émigre vers  le japon où il devint le "Shogi" et vers la Perse et sera appelé le "Chatrang".

Les arabes envahisseurs de la Perse, ont permis de répandre le jeu suivant les conquêtes de l'islam et le jeu fût appelé "Chatrandj".

 

La contribution des Arabes au développement et à l'approfondissement du jeu fut très importante. Les premiers livres techniques dates de cette époque. En 842 fut écrit le livre des échecs par Al-Adli. Al-Suli était probablement le plus grand joueur de cette époque.

 

Depuis la Perse, les Arabes répandirent le jeu dans toute l'Afrique du Nord puis par les conquêtes en Espagne et au Portugal.

Les Maures (population d'origine nomade issue du métissage de Berbères, d'Arabes et de Noirs, habitant principalement la Mauritanie) installèrent des universités en Espagne, après l'avoir conquis, et dispensaient la culture musulmane dans les universités y compris les échecs.

C'est ainsi que les étudiants européens rapportèrent dans leur pays le jeu de Chatrandj. Les cases fut partagées en 32 cases blanches et noires et alfils se transforma en fou.

Les nobles allaient faire des échecs leur distraction favorite. Vers 1200 apparaît les premiers écrits celui de Jacobus de Cessole et celui d'Alonzo.

Contrairement aux Arabes qui cherchaient la beauté dans les combinaisons, les européens vu l'enjeu (fortes sommes d'argent) cherchaient des méthodes efficaces notamment dans les ouvertures, pour gagner une partie. Il est dit qu'à cette époque le niveau de jeu des Arabes étaient supérieur à celui des européens.

Ce n'est qu'au 15 è siècle que les pièces allaient avoir les noms et les marches actuelles.

L'éléphant devenu alfil est devenu le fou qui se déplace sur les diagonales.

Le fantassin se transforme en pion introduit la possibilité de se déplacer de deux cases au premier coup. Sa promotion à la huitième rangée est introduite. Il peut se transformer en n'importe quelle pièce déjà prise. Ce n'est qu'au milieu du 19 è siècle que l'on pourra éventuellement posséder plusieurs dames.

Le roque fait son apparition mais appelé roque libre, il ne se présente pas tout à fait comme le notre.

L'introduction de la dame très jouée au début à cette époque, faisait des ravages rapidement dans la défense adverse.

Le développement de l'imprimerie, entraîna la multiplication des traités du jeu d'échecs,  le niveau fait une progression importante.

Au 18è siècle le jeu continue sa progression. La recherche du mat était l'unique préoccupation des joueurs de l'époque. On recherchait la K.O. d'entrée. L'échange des dames était vécu comme une catastrophe et un style défensif ou attentiste était inconcevable.

Les premiers manuscrits, ouvrages des musulmans : (le guide des échecs)

                                                                                             Les blancs jouent et font mat en 3 coups.

                                                                                                1. Ch5 +     TXC

                                                                                                2. TXg6 +   RXT

                                                                                                3. Te6 mat

 

 

                                                                                           Ce problème date de 840 et a été mentionné par Al-Suli dans son manuscrit.